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Saint-Lô

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Roberto d’Olbia, quand le don devient don.

vendredi 8 janvier 2010, par vincent gardin.

1er des trois spectacles de notre abonnement au théâtre de Saint-Lô. Tous n’étaient pas là, les conditions météo les ayant dissuadés de s’aventurer sur les routes. Dommage... Dommage car nous avons vu un artiste.

Un artiste-pianiste-chanteur-imitateur-showman-comédien

Cela commence simplement avec Roberto seul sur scène dans un décor minimal, le piano. A la faveur nonchalante d’une double intrigue, l’une comique (Roberto n’est pas là, c’est son secrétaire, pianiste lui aussi, qui est sur scène), l’autre tendrement (auto)-biographique (Roberto jeune italien dit à père, pêcheur, qu’il veut devenir pianiste, et le devient à travers le monde), Roberto d’Olbia parvient à créer la distance nécessaire au théâtre, à nous emmener ailleurs. Il parvient aussi par sa simplicité et sa présence à assurer un contact détendu et intime avec le public. A partir de ces deux fils qui s’entremêlent des saynètes vont se mettre en place. Et tout va s’affoler quand Roberto va jouer. Jouer comme un virtuose qu’il est assurément, mais jouer surtout comme un enfant libre et capable de tout, absolument tout, tout faire, tout jouer. Nous passons par tous les répertoires, avec les enchaînements les plus contrastés, variétés, classique, chansons populaires, musique du monde... Mais ce n’est pas seulement un enchaînement virtuose car tous les morceaux ne sont pas « respectés », ils sont eux-mêmes joués, interprétés, dynamités, par le jeu, la voix, les textes. Ainsi Bohemian Rhapsody de Queen, morceau superbe qui mélange déjà les genres que Roberto commence avec la voix de Donald Duck. Tout va vite, très vite, tout y passe, grands airs, variétés italiennes, musiques de films ou de cinéma... Nous sortons, comme souvent après ces spectacles qui nous ont étourdis, incapables de remettre au clair les mille et une musiques, les mille et une émotions qui nous ont ravis.

Tout simplement la classe

Roberto nous amuse, joue (encore une fois) mais avec nous, revisite tous les airs et nous surprend à chaque fois. C’est un showman. Il y a cette belle phrase à un moment, quand, une fois qu’il est devenu pianiste, son père lui dit qu’il est devenu un « homme fort » ; Roberto lui demande ce qu’est un « homme fort », et son père lui répond qu’un homme fort c’est « un homme qui n’a pas à prouver quelque chose ». L’impression qui ressort du spectacle est un peu de cet ordre : L’homme fort n’a pas à prouver qu’il est un pianiste virtuose, n’est pas centré sur lui. Sa force devient alors un jeu, jeu avec son public. Le don de l’artiste est un don au public.

Je mets un lien vers Youtube. Les vidéos ne rendent pas bien compte d’une performance, d’une présence, mais cela peut donner une idée du spectacle.
http://www.youtube.com/watch?v=wLyMUfG9FgU&feature=related

Ainsi, dans une petite ville de province, alors que le froid et la neige enveloppaient encore les rues, une salle a tout oublié par la magie d’un artiste. Du divertissement de grande classe.