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Airsoft Out !!

lundi 4 janvier 2010, par Anais Lallemand.

La Fédération Française de Tir condamne le Airsoft à devenir un sport de luxe ou au pire à disparaitre !!!

À l’origine, Airsoft désigne les répliques d’armes (airsoft gun) propulsant par gaz ou air comprimé des billes de 6mm ou 8mm variant de 0,12g à 0,43g, en rafales ou au coup par coup. À l’origine conçu pour le tir sur cible ou la collection, les fans de ce sport l’ont transformé en une activité ludique opposant en général deux équipes dont les joueurs sont munis d’un masque ou de lunettes de protection (obligatoires) et d’une ou plusieurs répliques. Le jeu repose uniquement sur le fair-play.

Le airsoft est marqué par une approche de réalisme militaire généralement plus poussée que pour le paintball. La différence entre ces deux sports réside surtout dans les tenues vestimentaires camouflées que portent les airsofteurs et dans les lieux de jeu. Le paintball se pratique habituellement sur des terrains de sport équipés d’obstacles gonflables, l’airsoft se pratique sur des terrains privés de type naturel ou urbain. On notera qu’un certain pourcentage d’équipes, tant en Belgique qu’en France, axent plus leurs parties sur les aspects « jeu de rôle » de l’airsoft que sur l’aspect simulation militaire bien que beaucoup d’associations ou équipe demandent un treillis spécifique pour pouvoir jouer avec eux avec des répliques spéciales.

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Caen airsoft team

L’airsoft et la loi

L’airsoft est légal dans la plupart des pays, cependant la législation n’est pas forcément la même partout. Par exemple l’Allemagne interdit les répliques automatiques (tirant en rafales), tandis que l’Indonésie interdit tout simplement cette activité.
En France, les répliques d’armes qu’utilisent les joueurs d’airsoft ne sont pas considérées comme des armes au sens du décret de 1995. Mais elles sont soumises au décret n°99-240 du 24 mars 1999 qui réglemente la commercialisation des répliques d’armes à feu développant une énergie en sortie de bouche supérieure à 0,08 joule et égale ou inférieure à 2 joules. Ce décret réglemente la commercialisation par les professionnels de ces articles en interdisant la distribution par quelque moyen que ce soit : prêt, don, location, ou mise à disposition gratuite de répliques de plus de 0,08 joules aux mineurs. Un décret pris sur le fondement du code de la consommation, comme c’est le cas pour le décret no 99-240 du 24 mars 1999 réglemente les professionnels et exclut de son champ d’application les particuliers.
Récemment, une Fédération Française de l’Airsoft a été créée pour que l’État puisse enfin accorder un regard aux airsofteurs et airsofteuses.

Mais, depuis quelques semaines, nous venons d’apprendre que la FFT (fédération française de tir) veut faire modifier le décret du 6 mai 1995 dans leur sens, à savoir : être détenteur d’une licence de tir pour les munitions, armes ou objets ayant l’apparence d’une arme développant à la bouche une énergie supérieure à 1 joule. Si elle obtient satisfaction cela entraînera purement et simplement la fermeture de tous les revendeurs d’airsoft.
La Fédération Française de Tir a clairement marqué son intention de lancer une « OPA » sur le monde de l’airsoft en demandant le classement en 7 ème catégorie de nos répliques.
Bien entendu, ce seul classement n’est pas l’objectif final puisque la volonté est d’obliger les airsofteurs à prendre une licence à la Fédération Française de Tir.
Les tarifs des licences sont à ce jour de 29 euros pour les plus jeunes, 49 euros pour les adultes. Ce coût s’ajoute bien entendu aux frais d’adhésion à une association (qui devrait très certainement avoir le statut de club de tir).
Outre le changement d’esprit de notre activité, la remise en cause de l’existence de plus de 800 associations, cette « OPA » aboutirait à un surcoût financier important pour les joueurs.
Ajoutons comme dommage « collatéral » la disparition de nombreux revendeurs ne pouvant (et ne souhaitant pas) s’adapter à un nouveau statut d’armurier.

En somme, ce sport, qui se démocratisait de plus en plus depuis quelques années, est destiné à la longue à perdre bon nombre de ces adhérents qui, comme moi, ne sont pas licenciés et refusent catégoriquement de l’être, considérant que ce sport n’est pas dangereux et le pratiquant dans un cercle totalement privé.